Le jardinage amateur comme modèle pour une imagerie de l'espace public contemporain ?

Le cas de la végétalisation participative des rues

Amateur Gardening as a Model for an Imagery of Contemporary Public Spaces

The Case of Participatory Street Greening
18/12/2018

Résumé

Comment expliquer l'intérêt des municipalités françaises depuis quelques années pour les pratiques informelles et amateurs de jardinage dans l'espace public ? Photographiées et compilées par les collectivités, ces pratiques renouvellent fondamentalement l'imagerie de l'espace public contemporain en introduisant une esthétique jusqu'alors confinée à l'espace domestique du jardin privé. En s'appuyant sur le cas d'Angers, Marseille, Nantes et Paris, cet article propose d'étudier la constitution d'une imagerie des pratiques amateurs de jardinage dans l'espace public, diffusée sur les sites Internet de ces municipalités et sur la plateforme communautaire Instagram. À partir de ce double corpus (institutionnel et participatif), l'objectif est de comprendre s'il s'agit pour les municipalités d'élaborer, à partir de ces pratiques informelles et amateurs, un nouveau modèle d'aménagement de l'espace public où le jardinage deviendrait un mode de fabrication et l'amateur son acteur. Nous verrons combien cette imagerie sert des objectifs bien plus larges que l'embellissement de l'espace public et contribue à la mise en place de dynamiques d'imitation et de distinction entre citoyens-jardiniers.
How can the interest of French municipalities in recent years for informal and amateur gardening practices in public spaces be explained? Photographed and compiled by local authorities, these practices fundamentally renew the imagery of contemporary public spaces by introducing aesthetics previously confined to the private domestic garden. Based on the cases of the cities of Angers, Marseilles, Nantes and Paris, this article looks at the development of images of amateur gardening practices in public spaces, disseminated on the websites of these municipalities and on Instagram. Based on this institutional and participatory body of images, the objective is to understand whether municipalities should develop, on the basis of these informal and amateur practices, a new model by which amateur gardeners would become a means of producing public spaces. We will see to what extent this imagery serves a much broader set of objectives than the beautification of public spaces and contributes to establishing dynamics of imitation and distinction between citizen gardeners.

Texte

Il n'est pas rare de fonder des modèles d'aménagement à partir de références non nécessairement professionnelles. Les cahiers de prescriptions architecturales et paysagères, par exemple, peuvent s'appuyer sur une iconographie de formes construites vernaculaires complétant les documents d'urbanisme, et permettent de définir un cadre esthétique cohérent (Demerlé-Got, 2008). Mais ils ont souvent pour objectif d'inciter à l'entretien et à la préservation d'éléments patrimoniaux ou remarquables (Icomos, 1999).
Dans le domaine de l'art des jardins, la très prolixe presse spécialisée pour la décoration et le cadre de vie à destination des amateurs de jardins1 diffuse des modèles remarquables, voire d'exception, et se fait également le relais de « bonnes pratiques » (Devisme et al., 2007) à reproduire chez soi. Mais celles-ci ne concernent, pour la plupart, que les pratiques domestiques à l'intérieur de l'espace privé du jardin.
Depuis une dizaine d'années, ce sont des pratiques de jardinage amateur et informel en dehors du jardin qui font l'objet d'un intérêt pour les municipalités françaises qui s'y réfèrent. Constatant l'apparition de formes de jardinage dans l'espace public (fleurissements de pas-de-porte, végétalisations opportunistes des anfractuosités de trottoirs, installations sauvages de jardinières dans la rue, transformations de pieds d'arbres en jardin ou encore dépavage pour y faire des plantations) et afin d'en encourager l'apparition, de plus en plus de municipalités françaises fondent, à partir de ces exemples, des dispositifs visant à institutionnaliser ces formes et pratiques jusqu'alors circonscrites à l'intérieur du jardin. Ces dispositifs prennent la forme d'une autorisation2 donnée par la municipalité au citoyen pour occuper l'espace public, reposant sur la signature d'une charte qui définit les engagements des deux parties. Ces dispositifs s'accompagnent d'une campagne de communication visant à promouvoir ce type d'actions de jardinage, ou du moins à informer sur la possibilité de mettre en place ces actions. Si ces dispositifs se sont généralisés ces dernières années3, leur définition pose néanmoins plusieurs problèmes : d'une part, des pratiques individuelles de transformation de l'espace - mais non issues de l'aménagement public - sont montrées en exemples, laissant supposer la possibilité d'une appropriation, voire d'une privatisation de l'espace public. D'autre part, les municipalités font explicitement référence à des pratiques informelles où le jardinage s'apparente au régime des « tactiques » (Certeau, 1990). Cela pourrait laisser penser à une invitation à déjouer les règles, voire à les transgresser. En effet, en sortant du clos étymologique et ontologique du jardin (Hunt, 1996), le jardinage devient un mode de « ruse », négociant sa place avec d'autres usages urbains car « n'[ayant] pour lieu que celui de l'autre » (Certeau, 1990, p. 60), il utilise un territoire qui ne lui est pas dédié.
Par ailleurs, ces pratiques amateurs qui transforment l'espace public ont un caractère explicitement récréatif. Le jardinage appartient en effet à la catégorie des « loisirs pratiques » (Sue, 1980), soit ces formes particulières « d'activités utilitaires nécessitant une réalisation concrète et un travail manuel » (ibid., p. 87-88) intervenant dans le temps de loisir (Creux, 2000) mais dont les formes ne sauraient pour autant être confondues avec des pratiques d'aménagements publics. Comment interpréter alors l'intérêt des municipalités pour le développement de telles pratiques récréatives dans l'espace public ? Cette étude cherche à comprendre le rôle que peut jouer le jardinage amateur et informel pour la fabrication de l'espace public contemporain. S'agit-il pour les collectivités d'élaborer un modèle d'aménagement nouveau à partir de ces pratiques informelles et amateurs ?
On sait combien le jardinage a pu être mobilisé comme vecteur de contrôle des comportements individuels et du temps hors du travail (Frey, 1984; Védrine 2014), de structuration morale et de classement dans la hiérarchie sociale (Weber, 1998) ou a minima de conformation ostentatoire (Dubost, 1997).
Nous formulons alors l'hypothèse selon laquelle l'imagerie du jardinage amateur - à savoir le corpus de représentations génériques mobilisées dans le cadre des dispositifs d'autorisation au jardinage dans l'espace public - vise moins la création d'un modèle ou d'un standard d'aménagement que la promotion d'une pratique de l'espace public contemporain. Nous verrons tout d'abord comment la mobilisation et la valorisation photographique de ces pratiques informelles et amateurs servent des objectifs plus larges que la simple participation citoyenne à l'embellissement du cadre de vie, puis nous analyserons comment la diffusion de ces imagiers contribue à la mise en place d'un processus d'imitation et de distinction entre les citoyens-jardiniers.

Un double corpus d'analyse : imagiers institutionnels et imagerie « participative »

Cette étude s'appuie sur un double corpus : d'une part, des imagiers - au sens de catalogues iconographiques de références - élaborés par quatre villes : Angers, Marseille, Nantes et Paris. Ces quatre villes ont en commun la mise en place d'un dispositif d'autorisation au jardinage dans l'espace public selon des conditions similaires (Ramos, 2018). Leur sélection a été guidée en outre par leur diversité en termes de situation géographique et urbaine, offrant un panel représentatif de situations de jardinage amateur en dehors du jardin. Ces imagiers institutionnels se présentent sous forme de catalogues comportant entre 10 et 20 photographies visibles et/ou téléchargeables depuis le site Internet municipal ou présentées dans des brochures promouvant le dispositif (c'est le cas de Marseille). Ils constituent un échantillon représentatif de l'utilisation des images de jardins de rue comme outil promotionnel.

Figure 1. Capture d'écran du site Web de la ville d'Angers.

Figure 2. Guide de végétalisation des rues, ville de Marseille.

D'autre part, et afin de mettre en perspective le corpus iconographique diffusé par les municipalités, nous proposons d'étudier un mode « participatif » de constitution de l'imagerie du jardinage dans la rue (le terme « corpus iconographique » est employé ici au sens d'ensemble d'images dont l'intérêt réside dans leur collection. Nous nous appuierons sur les publications se référant explicitement à ces dispositifs sur la plateforme communautaire virtuelle Instagram, dédiée spécifiquement à la publication et au partage de contenu visuel (photos et microvidéos). Sur Instagram, le mode de constitution de communautés iconographiques repose sur l'utilisation du hashtag en complément de l'image. En effet, se définissant comme un segment langagier cliquable précédé du signe typographique croisillon (#), le hashtag permet de donner à l'image via le tag une dimension hypertextuelle tout en l'inscrivant dans une catégorie d'affiliation (Paveau, 2012). En nous focalisant plus précisément sur le cas de Paris, nous étudierons le corpus rassemblé sous le hashtag : « #permisdevegetaliser4 » (renvoyant directement au dispositif mis en place par la ville de Paris) (voir figure 3) qui au 25 juin 2018 comptait 336 publications provenant de 110 contributeurs5. Ce hashtag ouvre sur Instagram des imageries assemblées par les utilisateurs de la plateforme communautaire virtuelle (acteurs institutionnels tels que des agents municipaux, des associations ou des citoyens) revendiquant l'affiliation de leurs clichés publiés à la dynamique de jardinage dans l'espace public dans le cadre du « Permis de végétaliser » parisien.
L'analyse se concentrera ici sur la diffusion des images et leur contenu, respectivement par les municipalités et par les utilisateurs d'Instagram et non sur la nature de leurs auteurs. En effet, dans le corpus institutionnel comme dans le corpus issu de la plateforme communautaire virtuelle, leur potentielle diversité (agents de service espaces verts, service de communication, prestataires externes divers, etc., pour le premier ; agents institutionnels ou non, associations, individus jardiniers, observateurs, passants non jardiniers pour le second) est masquée par une relative opacité (absence de référence à un auteur, usage de pseudonyme, utilisation de nom institutionnel, etc.).

Figure 3. Capture d'écran de la page Instagram du hashtag « #permisdevegetaliser ».

Pour chacun des deux corpus, les photographies ont été classées par type de contenu factuel. Cela a permis de mettre en évidence leur similarité sur le fond. En se focalisant sur le contenu des photographies, nous avons pu identifier dans les deux cas les catégories suivantes : des représentations des dispositifs de jardinage (pieds d'arbres, bacs, pots, etc.) (figure 13) ; des photographies « naturalistes » au sens de représentations ayant des prétentions scientifiques en biologie ou en écologie (détails d'inflorescence, de feuillage, etc.) (figure 10) ; des photographies de scènes de jardinage collectif représentant des personnes en action (figure 17 ; quelques scènes de rue. Nous excluons de cette étude les informations non iconographiques (textes, titrages, etc.), les représentations de documents graphiques, les images de communication et les photographies hors sujet apparaissant sur Instagram notamment, mais présentant moins d'intérêt dans le cadre de cet article. La relation entre ces données et l'imagerie du jardinage amateur pourra cependant constituer une étude intéressante dans le cadre d'un travail de recherche complémentaire.
L'étude s'est concentrée sur le format des images produites, soit l'association de choix de point de vue - effet de distance (micro, média, distant) entre le point de prise de vue et l'objet représenté - et de choix de cadrage - prise de position (objectivante ou subjectivante) de l'observateur en fonction de l'objet (Mendibil, 2008). Cette méthode empruntée à Didier Mendibil, qui part de l'objet central motivant la prise de la photographie, permet d'interroger l'inscription de l'objet (ou son absence d'inscription) dans un contexte spatial (occupation de l'espace, rapport au sol, au contexte bâti, aux éléments participant de l'aménagement urbain, etc.).

Figure 4. Analyse de formats d'images. Photographies extraites du site Web de la ville d'Angers.

Figure 5. Analyse de formats d'images. Photographies extraites du site Web de la Ville de Nantes.

Figure 6. Analyse de formats d'images. Photographies extraites du site Web de la ville de Marseille.

Figure 7. Analyse de formats d'images. Photographies extraites du site Web de la ville de Paris
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Figure 8. Analyse de formats d'images. Photographies rassemblées sous le hashtag « #permisdevegetaliser ».

Cela a permis de révéler les éléments suivants : une majorité de choix de cadrages resserrés, en plongée, voire au ras du sol, focalisés sur l'objet représenté et excluant les éléments de contexte. De manière générale, qu'il s'agisse de points de vue micros (moins d'un mètre), se concentrant sur les végétaux, ou de points de vue proches à médians (3 mètres maximum) pour les éléments de mobilier ou les scènes de jardinage, il n'est pas nécessairement mis l'accent dans ces photographies sur ce qui fait pourtant le caractère remarquable de ces formes de jardinage : le fait qu'elles ne soient pas réalisées dans un contexte habituel - un jardin - mais bien à l'extérieur dans l'espace public. À cet égard, si on peut s'étonner du peu de place laissée aux éléments contextuels dans ces clichés, la justification photographique de ce choix de prise de vue est sans doute à aller chercher du côté de l'échelle des objets représentés, des formes généralement de petite taille (plantations linéaires en pied de façade par exemple) ou isolées et ponctuelles (bac, jardinière ou pot de fleurs).
Cependant, la neutralité qui pourrait se dégager de points de vue excluant les éléments de contexte est contrebalancée par des cadrages souvent subjectivants qui ne cherchent pas à présenter la globalité frontale de l'objet mais plutôt à l'incorporer par des effets de hors-champ, de zoom ou de redoublement de cadre, faisant appel aux expériences vécues du spectateur. Le caractère pittoresque des scènes de jardinage, les effets de cadrage sur les végétaux, mettant en avant les inflorescences, masquant la vue de la terre à nu et jouant sur le hors-champ pour suggérer l'abondance et la luxuriance du feuillage ou de la floraison, constituent des stratégies de mise en scène d'une esthétique bucolique qui font des jardins dans la rue des jardins comme les autres (figures 8 et 9).

Figure 9. Cadrage subjectivant et bucolique de fleurissement de pied de mur. Photographie extraite du site Web de la ville de Nantes.

Figure 10. Cadrage subjectivant et décontextualisant donnant l'effet d'un paysage miniature « Jardinière sur trottoir dans le cadre du projet "La rue verte" de la Ligue de l'enseignement, avenue Maurice-Ravel (12e) ». Photographie extraite du site Web de la ville de Paris.


On peut relever cependant le cas particulier de l'imagier constitué par la municipalité d'Angers (voir figure 1) qui, au travers de photographies à caractère documentaire, semble chercher à élaborer une typologie de végétalisation de pieds de façades ou de murets en limite de propriétés par des prises de vue médianes et des cadrages objectivants.
Ces deux corpus présentent une homogénéité en termes de contenu et de choix iconographiques. Ils servent une autovalidation des formes de jardinage dans l'espace public : dans le cas des imagiers diffusés par les municipalités, en opérant une sélection de « bonnes pratiques » recommandées ; dans le cas de l'imagerie rassemblée sur Instagram en produisant une communauté de pratiques et de formes sous la bannière du « Permis de végétaliser ».

Valorisation et mise en scène des jardins dans la rue

Reproductibilité et caractère générique

Les municipalités invitant au développement des pratiques de jardinage dans l'espace public par les citoyens s'appuient sur la réalisation de séries de photographies. Le caractère cumulatif, qu'il s'agisse des imagiers visibles dans les sites Internet des collectivités ou sur Instagram, renvoie à l'idée d'une reproductibilité des formes représentées. L'effet de collection renforce à la fois l'impression de diversité des actions individuelles mais également la simplicité de leur mise en œuvre et invite à les reproduire. Cela se traduit notamment par le traitement qui est fait du contexte en arrière-plan. L'aménagement urbain de l'espace public est présenté comme un gabarit neutre, un support se prêtant de manière adéquate à des actions de jardinage. Par exemple, la représentation de la végétalisation des fosses d'arbre ne met pas l'accent sur l'inscription de ces jardins en pied d'arbre dans la rue. Elle se concentre plutôt sur le jardin lui-même dans les limites de son enclos. Si la diversité des actions de jardinage peut s'exprimer, c'est dans le cadre spatial restreint et homogène des pieds d'arbres calibrés par l'aménagement fonctionnel de l'espace public.

Figure 11. Pied d'arbre rue Faidherbe (11e). Photographie extraite du site Web de la ville de Paris.

Figure 12. Pieds d'arbres végétalisé. Photographies postées sur Instagram via le hashtag « #permisdevegetaliser ».


En évacuant les éléments de contexte dans le hors-champ, le jardin de pieds d'arbre est renvoyé à son caractère générique offrant une opportunité d'occupation qui peut être reproductible à volonté. L'effet catalogue des images rassemblées sur un même espace imprimé (brochure) ou numérique (site Internet, page Instagram) met en avant la profusion des formes possibles. La ville de Marseille dans son guide de végétalisation des rues6 mise sur la diversité des formes de jardinage : jardinières, pots de fleurs, mobilier urbain, rebords de fenêtre mais aussi palettes reconverties, boîtes de conserve, baignoires abandonnées... Le document semble affirmer que tout contenant est bon à végétaliser. Les images jouent un rôle performatif ici : elles actent l'existence de ces formes, les mettent en scène et les valident. Il s'agit non pas de définir un standard mais d'inciter à développer l'inventivité des acteurs, en allant probablement bien au-delà de ce qui est réellement autorisé par la municipalité7. Il s'agit moins d'orienter vers un résultat en particulier que de valoriser le caractère reproductible de ces actions de jardinage dans l'espace public.
Les images rassemblées ont pour objectif de donner à voir un type de pratique de jardinage dans l'espace public en général, de les inscrire dans une dynamique globale d'embellissement du cadre de vie urbain. Les dispositifs municipaux autorisant ces pratiques constituent leur institutionnalisation. Dans les imagiers municipaux comme sur Instagram, il est fait référence à des pratiques antérieures à la mise en place de ces politiques publiques. Mais il peut s'agir également d'images de situations empruntées à d'autres villes, voire même à des contextes spatiaux génériques. En effet, dans les crédits photographiques du guide de végétalisation des rues de la ville de Marseille par exemple, les auteurs mentionnent la banque d'images en ligne Shutterstock qui met à disposition des utilisateurs des photographies utilisables via une licence. Des images de mise en scène de jardinage urbain sont alors mobilisées en guise d'illustration (sans mention de leur origine géographique) aux côtés de situations réelles. Jeune homme arrosant ses plantes au balcon, mains soulevant de la terre, jeune tige perçant le bitume, etc., toute l'imagerie générique du jardinage se mêlant aux photographies prises sur place contribue ainsi à inscrire le jardinage de rue dans une esthétique conventionnelle du jardin. Mais plus largement, la représentation de situations non contextualisées et la mobilisation d'images génériques traduisent surtout l'enjeu que représente la promotion de ces pratiques amateurs et informelles de jardinage dans l'espace public au regard de la présence végétale en milieu urbain.

Domestication de la nature et ensauvagement de la ville

Si l'imagerie du jardinage amateur dans l'espace public présente de nombreuses scènes de jardinage, il faut noter la présence également de photographies que l'on pourrait qualifier de « naturalistes ».

Figure 13. Photographies « naturalistes » postées sur Instagram via le hashtag « #permisdevegetaliser ».

Les photographies naturalistes, plus présentes dans le corpus iconographique étudié sur Instagram que dans les imagiers réalisés directement par les municipalités, constituent la deuxième catégorie la plus représentée, derrière les photographies de jardins de rue. Ce sont des portraits botaniques au cadrage très resserré et centrés sur une plante ou son inflorescence, son feuillage, mais également des photographies d'animaux ou d'insectes. Les végétaux représentés ne sont pas nécessairement le fruit d'une pratique de culture. Se mêlent en effet aux végétaux horticoles des plantes issues de la flore spontanée : pourpier, lierre ou ipomée, profitant des anfractuosités du trottoir pour s'installer, participent également de l'imagerie du jardinage dans l'espace public. Nous l'avons vu, ces imagiers ont pour fonction principale d'autoriser des pratiques de jardinage dans l'espace public (occupation d'espaces en pleine terre, percement de sol urbain, etc.) Pourquoi alors cette attention à la végétation sauvage de la rue dans les imagiers promeut-elle le jardinage ?
Les dispositifs d'invitation au jardinage dans l'espace public s'inscrivent dans les politiques publiques développées à la suite du Grenelle de l'environnement en 2007 et font écho notamment aux divers plans de protection de la biodiversité en ville et de gestion écologique des espaces végétalisés urbains tels que le plan Écophyto en 2008. Le passage à la « gestion différenciée » (AIVF, CNFPT, 1995) adoptée par de plus en plus de villes françaises se traduit non seulement par l'augmentation des surfaces végétalisées mais également par l'abandon des produits phytosanitaires pour le désherbage des espaces minéralisés (Allain, 1997). Mais l'apparition de la végétation spontanée constitue un changement d'ordre esthétique dans l'espace urbain. La perception du végétal en ville est traditionnellement empreinte des modèles hygiénistes hérités du XIXe siècle (Dubost et Lizet, 2003) : végétaux domestiqués, taillés et tenus, contrastant avec des surfaces minérales dominantes. Les études menées sur l'évolution des perceptions et des représentations de la nature en ville par ses habitants (Lizet et al., 1999 ; Marco et al., 2014, Mezzoni, 2007 ; Payet 2004) révèlent une indifférence à son égard, voire sa difficile acceptation. La présence de plantes spontanées en ville est associée à un défaut d'entretien et, par extension, à un défaut d'hygiène (Mezzoni, 2007). Il y a donc un enjeu pour les municipalités à faire accepter les formes végétales spontanées encore associées aux « mauvaises herbes » et à trouver les moyens de se prémunir contre les soupçons de négligence d'entretien. Or, la perception de la nature en milieu urbain fait très souvent l'objet de confusion : c'est essentiellement la végétation cultivée (jardins, massifs et arbres d'alignement par exemple) à laquelle sont identifiées les « formes de nature » en ville (Marco et al., 2014). L'amalgame entre végétation spontanée et végétation cultivée, partageant un seul et même espace, permet de faire le constat suivant : les végétaux cultivés servent les objectifs du discours institutionnel sur la nature en ville. La rhétorique employée dans les chartes des municipalités présentées dans cette étude en témoigne : la municipalité marseillaise affirme, en introduction de la charte fixant l'autorisation de végétalisation de l'espace public, l'objectif du « retour à la nature en ville8 » ; la ville de Paris veut « favoriser la nature et la biodiversité en ville9 ». Ainsi, jardiner - et donc entretenir son trottoir - ou planter des végétaux dans l'espace public permet de contribuer au développement de la biodiversité urbaine.
L'esthétisation du végétal sauvage dans l'imagerie du jardinage dans l'espace public acte sa reconnaissance et constitue alors un levier pour non seulement rendre sa présence acceptable mais également lui donner un caractère domestique. Peu contraignant en termes de formes, le jardinage dans l'espace public, dans la plupart des villes ayant institutionnalisé le dispositif, doit répondre aux règles de jardinage écologique10 déjà en vigueur pour la gestion des espaces publics municipaux. Ainsi, l'imagerie du jardinage de rue emprunte à cette forme de « jardin indiscipliné » dont Françoise Dubost se faisait le témoin des premières apparitions dès les années 1980 (Dubost, 1997, p. 146). Alors que son étude anthropologique sur les jardins ordinaires concluait à l'identification d'un consensus, par-delà les différences de classes sociales, autour de l'entretien, l'ordre et la propreté du jardin, elle constatait l'émergence d'une esthétique de néo-jardin de curé ou « jardin de mon grand-père » (ibid.), où les herbes folles cohabitaient avec les espèces cultivées. Ces formes de jardinage ou de gestion théorisées par Gilles Clément avec le « jardin en mouvement » (Clément, 1999) constituent désormais une base fondamentale de la mise en place de la « gestion différenciée » par les municipalités (AIVF, CNFPT, 1995). L'imagerie du jardinage amateur sert donc un objectif plus global que la seule invitation au jardinage dans l'espace public. Elle joue également un rôle de pédagogie en témoignant du fait que l'apparition de la végétation spontanée relève non d'un défaut mais de choix d'entretien.

Figure 14. Colonisation végétale et mélange d'adventices et de plantes horticoles. Photographie extraite du site Web de la ville de Nantes.

Figure 15. Jardin sauvage en pied d'arbre. Photos postées sur Instagram via le hashtag « #permisdevegetaliser ».

Il s'agit d'affirmer une cohabitation heureuse entre les citadins et la nature, en renouvelant cette « imagerie d'une urbanité virginisée par la présence d'une végétation libre » comme le décrit Isabelle Auricoste, démontrant l'inversion qui s'est opérée à partir des années 1980 : l'idéologie d'une nature maîtrisée, moyen d'atteindre une société idéale, a laissé la place à celle d'une nature dont la sauvagerie (relative) saurait compenser les erreurs humaines (Auricoste, 2003, p. 30). La valorisation de la sauvagerie végétale dans l'imagerie du jardinage amateur dans l'espace public amène à faire le parallèle avec un autre type de « sauvagerie » sur lequel repose le jardinage dans la rue. Montrant en exemple les pratiques de piratage et de détournement d'usage du mobilier urbain, celles de bricolage à base de matériaux de récupération au profit de la fabrication de clôtures ou de bacs, l'imagerie du jardinage amateur dans la rue s'appuie sur le caractère informel à l'origine de ces pratiques et l'érige en modèle esthétique. L'amateurisme de ces actes de jardinage, leur non-homogénéité, leur caractère dissonant, leur aspect parfois peu harmonieux et leur absence de recherche d'intégration contextuelle contribuent implicitement au discours de « l'ensauvagement » de la ville (Mangold, 2015). En réactivant le topos d'une « bienfaisante nature » (Dubost et Lizet, 2003), les pratiques informelles semblent être assimilées à du « bon sens », une expression spontanée répondant à un besoin simple et immédiat (Charbonneau, 2016). En somme, on sous-entend qu'il s'agirait de formes naturelles de fabrication de l'espace par ses usagers permettant de compenser les défauts supposés de l'aménagement urbain institutionnalisé (homogénéité, impersonnalité, inhospitalité).

Figure 16. Dispositifs de jardinage amateur dans la rue. Photos postées sur Instagram via le hashtag « #permisdevegetaliser »

La mise en scène des pratiques amateurs de jardinage, leur valorisation tous azimuts ne reposent pas réellement sur leur singularité mais plutôt sur leur capacité à s'inscrire et à participer à une vision vertueuse et valorisée de la nature en ville. L'imagerie sert ici la banalisation de ces pratiques en les juxtaposant de manière accumulative. Elle est à la fois le moteur et le résultat de l'assimilation de ces pratiques engageant les citoyens individuellement et les uns par rapport aux autres.

Imitation et distinction au service de la banalisation d'une pratique

Institutionnalisation et normalisation par l'image

Les dispositifs d'invitation au jardinage dans l'espace public reposent sur des pratiques existantes et menées jusqu'alors de manière informelle. Il s'agit pour les municipalités non seulement de les encadrer mais aussi de les généraliser, et cela passe par leur normalisation (au sens de rendre normal, habituel, régulier). En portant l'attention sur ces pratiques informelles de jardinage, il s'agit de les identifier comme « bonnes pratiques » et d'élaborer des normes à partir de ces expériences ayant fait leurs preuves (Devisme, 2007). Le catalogue d'images joue le rôle de répertoire. L'exemple se fonde non sur une règle, une loi mais sur des expériences, multiples, variées qui peuvent devenir reproductibles. Leur inscription dans le répertoire d'actions tient d'un processus de récupération ou de « downloading » (Béal et al., 2015), procédant de leur diffusion par les municipalités afin de les intégrer dans le cadre de l'action publique. S'il s'agit d'une dynamique verticale dans le cas où les municipalités puisent dans les pratiques amateurs et informelles pour les diffuser et, de fait, les autoriser, l'étiquetage via l'usage du hashtag constitue un mode de diffusion horizontal entre utilisateurs d'Instagram. Le répertoire de pratiques s'autovalide par accumulation : il s'agit de cibler moins des cas d'exception que des pratiques simples que l'on tente de rendre banales.
En puisant dans les exemples existants de jardins dans la rue pour élaborer un dispositif institutionnalisé dans lequel les intégrer, les municipalités cherchent non pas à établir une norme mais plutôt à normaliser ces pratiques amateurs et informelles. Il s'agit, en constituant une collection de ces actes isolés et insolites d'occupation ou d'investissement individuel dans l'espace public par le jardinage, de les maîtriser. Il nous semble que ce procédé peut être rapproché des « dispositifs de sécurité » analysés par Michel Foucault. Plutôt que d'interdire, de tenter de lutter contre le développement de pratiques en dehors de la norme, il s'agit de les faire jouer les unes par rapport aux autres, de manière à ce que la régulation vienne des phénomènes du réel eux-mêmes (Foucault, 2004, p. 49). Les dispositifs institutionnels visent à sortir les pratiques individuelles et amateurs de leur informalité en les absorbant et en les inscrivant dans le cadre d'une normalité. L'hétéronomie libérale se met en place en jouant sur l'autonomie des acteurs et des formes afin que la norme découle, d'elle-même, des dynamiques sociales propres au phénomène. Ce jeu, en ce qui concerne le jardinage dans la rue, repose sur la diffusion d'images. L'accumulation, sous couvert d'un anonymat relatif de collections hétérogènes de témoignages individuels (auxquelles chacun est invité à contribuer via l'usage du hashtag par exemple) traduit la liberté offerte à tous de participer et la fabrication d'une normalité maîtrisable. L'utilisation du Web ou a fortiori de plateformes communautaires virtuelles comme Instagram se prête particulièrement à la normalisation de ces pratiques par la diffusion à la fois massive et ciblée individuellement d'images de référence.
Par ailleurs, il faut noter que l'imagerie du jardinage amateur dans l'espace public ne vise pas la fabrication d'une catégorie esthétique nouvelle qui aurait pu naître de sa rencontre avec l'espace public (contraste entre le minéral et le végétal, entre la domesticité et la rue, entre formes bricolées et aménagements publics). Le caractère insolite de ces pratiques hors du jardin est ramené à la normalité par l'effet accumulatif des témoignages mais également par leur mise en concurrence les uns par rapport aux autres.

Labellisation et distinction des pratiques domestiques

La constitution d'imagiers de référence des pratiques de jardinage dans la rue permet la mise en place d'une relation horizontale entre elles, propre à développer des dynamiques d'imitation et de distinction entre ses acteurs. Contrairement à ce que peut laisser entendre le nom de ces dispositifs comme le « Permis de végétaliser », il s'agit moins de donner une autorisation, de concéder un droit au citoyen que de labelliser une pratique dans l'espace public.
Le gouvernement par label constitue un mode de gestion des conduites individuelles par le renforcement de l'autonomie des individus tout en valorisant leur différenciation (Bergeron et al., 2014). Beaucoup utilisé dans le cadre de politiques liées à la consommation mais aussi au développement durable afin d'agir sur les pratiques domestiques individuelles (Rumpala, 2009), ce mode de gouvernance consiste, pour l'invitation au jardinage dans la rue, à fabriquer une culture commune et partagée de la présence végétale en ville. Profiter du dispositif, c'est avoir l'autorisation d'accéder à la labellisation et de s'inscrire non seulement dans le processus d'embellissement de son cadre de vie mais également, plus largement comme nous l'avons vu plus haut, d'œuvrer au mouvement sociétal qui contribue au « retour de la biodiversité en ville ». Cette sorte d'écologie individuelle, plus proche d'une discipline personnelle que d'une conscience globale (Hallauer, 2017), se traduit ici par la publication de photographies sur Instagram notamment, permettant à chacun de se mettre en scène au sein d'une communauté d'affiliation, d'autovalider sa pratique (si modeste soit-elle). Les plateformes communautaires virtuelles se prêtent parfaitement à ce processus d'autolabellisation par la spectacularisation et l'esthétisation de la vie quotidienne.
En 2017, un concours de photographies sur Instagram a été lancé par la municipalité de Paris avec le hashtag « #vegetalisonsparis » récompensant, par arrondissement, les bonnes pratiques de jardinage en ville11. Reprenant la tradition des concours de balcons fleuris (Bergues, 2011), il s'agit de mettre en place une dynamique de distinction entre les citoyens sur la base de pratiques domestiques et amateurs, à la différence près que celles-ci trouvent place dans l'espace public. Les 25 photographies lauréates de l'édition 2016-2017 qui ont été distinguées parmi les plus de 1 000 publiées et accompagnées du hashtag « #vegetalisonsparis » ne donnent pas vraiment à voir des propositions d'exception se distinguant clairement des autres publications. Elles  traduisent plutôt l'hétérogénéité des formes produites : portraits botaniques (cadrage serré et subjectivant sur une inflorescence), piratage végétal de mobilier urbain, pots de fleurs alignés, jardins de pieds d'arbres, mais également photographies de jardinières municipales, de plates-bandes fleuries dans un parc public de la capitale ou encore de balcons fleuris et de terrasses ou cours végétalisées. Se mêlent ainsi des pratiques s'inscrivant dans le cadre du dispositif « Permis de végétaliser » mais également des pratiques « officielles » de fleurissement par la municipalité ainsi que des pratiques de jardinage dans le domaine privé. Ce dont témoigne cette diversité c'est que le résultat formel compte peu. Il ne s'agit pas de nouvelles formes de fabrication de l'espace public. Cela donne le sentiment que ce qui est valorisé ici c'est une pratique définie implicitement comme vertueuse (sans être questionnée, sans que les critères - esthétiques, écologiques, sociaux - soient définis) : l'introduction de végétation en milieu urbain sous toutes ses formes.
S'il ne s'agit pas de créer des standards en termes de formes produites par le jardinage dans la rue, la standardisation se situe plus au niveau d'une esthétique de la pratique. Une grande partie de l'imagerie du jardinage dans l'espace public est consacrée non pas au résultat de l'action mais à l'action en train de se faire. On trouve en effet des scènes de jardinage collectif, d'arrosage ou de bricolage en famille, montrant des adultes et des enfants en action, cadrant souvent sur les mains en contact avec la terre ou le végétal. On trouve également des images représentant le résultat de la cueillette : mise en scène de fruits ou de légumes fraîchement cueillis, de bouquets de fleurs coupées ou de fagots de feuilles et de plantes aromatiques, de petits tas de graines... Ces scènes invitent le spectateur à l'identification et au renvoi à un imaginaire de la vie domestique.

Figure 17. Scènes de jardinage et de cueillette. Photos postées sur Instagram via le hashtag « #permisdevegetaliser ».

La focalisation sur le travail au potager, la cueillette et la préparation des produits du jardin participent de l'esthétisation bucolique de ces tâches quotidiennes. Ici encore, le caractère insolite de ces actions menées non dans un jardin privé et clos mais dans l'espace public, le décalage entre les représentations de la rue et celles du petit potager familial disparaissent et laisse penser qu'il s'agit de donner à l'un les caractéristiques de l'autre. Ces images associent à la rue des pratiques domestiques clairement issues du domaine privé. On peut s'interroger sur ce rapprochement et sur l'intérêt de suggérer une domestication de l'espace public. L'imagerie mobilisée pour illustrer le jardinage dans la rue tend à rompre avec les représentations de l'espace public en renvoyant à des pratiques et à des formes dont l'échelle et la nature se distinguent des usages auxquels il est habituellement associé.


Cette étude montre que la constitution d'un corpus iconographique, à partir de situations singulières de jardinage amateur dans la rue, permet de contribuer essentiellement à leur banalisation. En effet, l'imagerie du jardinage dans l'espace public renvoie à celle d'une forme traditionnelle de jardinage, confinée dans un espace domestique, et plus largement renforce celle de la nature en ville, sous toutes ses formes. Elle ne sert pas l'élaboration de modèles nouveaux pour une pratique spécifique mais permet d'inciter ou d'alimenter une dynamique d'imitation et de distinction entre les citoyens amateurs-jardiniers, ce qui a pour conséquence l'autorégulation du phénomène. Cela se traduit en particulier par l'invitation faite aux citoyens non seulement d'intervenir dans l'espace public mais également et simultanément de contribuer à la fabrication de l'imagerie de leur propre pratique sur la plateforme communautaire virtuelle Instagram notamment. L'imagerie sert donc plutôt à valider une pratique en la sortant de l'informalité, mais aussi à renforcer le modèle du jardinage de l'espace privé - sans interroger la singularité de cet acte en dehors des limites du jardin. Elle maintient enfin l'amateur dans sa position, en donnant à voir des pratiques modestes, bricolées venant se juxtaposer - suivant le cadre limitatif posé par les chartes de végétalisation - plutôt que s'intégrer aux aménagements publics déjà en place.
Nous pouvons en conclure que le jardinage amateur n'affecte pas réellement l'imagerie de l'espace public contemporain et ne contribue pas non plus à renouveler les manières de le fabriquer malgré l'intégration de nouveaux paramètres comme une végétation issue du vocabulaire du jardin (plantes potagères par exemple), ou encore l'apparition de l'amateur non plus comme simple usager de l'espace public mais également comme acteur de sa fabrication.

Mots-clés

Catalogue de « bonnes pratiques », végétalisation de rue, esthétique amateur, pratiques informelles, nature en ville
Catalogue of "best practices", street greening, amateur aesthetics, informal practices, nature in the city

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Auteur

Aurélien Ramos

Paysagiste DPLG et doctorant au CRH-LAVUE, il est maître de conférences
associé à l'ENSAPBx et vacataire à l'ENSP à Versailles. Cofondateur du
collectif Friche and Cheap, il a travaillé pendant trois ans pour la
ville de Bordeaux dans le cadre du PNRQAD Re-Centre(s) où il a
accompagné les processus expérimentaux de végétalisation du centre
ancien.
Courriel : aurelien.ramos@live.fr

Pour référencer cet article

Aurélien Ramos
Le jardinage amateur comme modèle pour une imagerie de l'espace public contemporain ?
publié dans Projets de paysage le 18/12/2018

URL : http://www.projetsdepaysage.fr/fr/le_jardinage_amateur_comme_mod_le_pour_une_imagerie_de_l_espace_public_contemporain_

  1. On peut citer les titres les plus connus : L'Amis des jardins et de la maison à mon décorateur d'extérieur ; Mon jardin, ma maison ; Détente jardin ; Jardin facile ; Les 4 saisons du jardinier bio ; Rustica, etc.
  2. Il s'agit en général d'autorisation d'occupation temporaire (AOT) définie dans les articles L. 2122-6 et L. 2122-9 du code de la propriété des personnes publiques.
  3. Après Rennes, ville pionnière à s'être dotée de ce type de dispositif dès 2004, la plupart des grandes villes françaises ont suivi l'exemple : Lyon (2005), Angers (2010), Bordeaux (2013), Dijon (2014), Grenoble (2014), Marseille (2015), Montpellier (2015), Paris (2015), Nantes (2016), Toulouse (2016), Lille (2017), Reims (2017), Strasbourg (2017), etc.
  4. https://www.instagram.com/explore/tags/permisdevegetaliser/?hl=fr, consulté le 5 juin 2018.
  5. Le comptage des publications a été effectué en téléchargeant l'intégralité des photos rassemblées sous le hashtag « #permisdevegetaliser » via un plug-in proposé par Google Chrome « Téléchargeur pour Instagramâ„¢ ». Le classement des photos par auteur a permis d'obtenir le nombre de contributeurs en fonction de leur pseudonyme.
  6. Site de la Ville de Marseille, http://environnement.marseille.fr/nature-en-ville/vegetalisation-des-rues, consulté le 4 mai 2018.
  7. Sur les limites règlementaires de ces autorisations voir la « charte de végétalisation de l'espace public marseillais », http://environnement.marseille.fr/sites/default/files/contenu/environnement/PDF/charte_vegetalisation.pdf, consulté le 12 septembre 2018.
  8. Voir la « Charte de végétalisation de l'espace public marseillais », http://environnement.marseille.fr/sites/default/files/contenu/environnement/PDF/charte_vegetalisation.pdf, consultée le 12 septembre 2018.
  9.  Voir la « Charte de végétalisation de l'espace public parisien », https://teleservices.paris.fr/permisdevegetaliser/plugins/upload/charte_vegetalisation.pdf, consultée le 5 octobre 2018.
  10. À savoir interdiction des produits phytosanitaires et utilisation de compost naturel, de végétaux adaptés au climat et peu gourmands en eau, etc.
  11. Plateforme « Végétalisons Paris », https://www.paris.fr/concoursvegetalisonsparis, consulté le 8 juin 2018.