Notre proposition

Ligne éditoriale

Dans le champ de la recherche scientifique comme dans celui des politiques publiques et de l'action de terrain en matière d'aménagement et de développement local, d'urbanisme ou de patrimoine, la notion de paysage s'est avérée porteuse, durant ces dernières décennies, de nouvelles manières de penser et de faire, fondées sur des visions renouvelées du rapport des sociétés à leurs territoires et à leurs environnements.

Pour répondre aux préoccupations environnementales, le développement de la recherche paysagère s'est nourri, pour une part, de la nécessité largement ressentie dans la communauté scientifique de donner corps à un nouvel espace de construction des savoirs, situé à l'interface entre sciences de la nature et sciences de la société. Pour une autre part, elle s'est alimentée du souci d'aborder le social et l'environnement lui-même à travers le prisme de la représentation culturelle, de la construction et de la négociation des subjectivités. En parallèle, dans le champ de l'action de terrain, les notions de projet de paysage et de politique de paysage apparaissaient comme porteuses d'une attention à la dimension écologique, culturelle et esthétique du cadre de vie, ainsi que d'un ancrage dans la durée des liens noués entre sociétés et territoires.

À la confluence entre ces différents mouvements, courants de pensée et usages de la notion, cette revue entend contribuer au renouvellement des pratiques et des approches en ce domaine du paysage. Elle entend notamment, à cette fin, prendre en charge la réflexion critique que méritent la généralisation et l'instrumentalisation dans les politiques publiques des termes « projet » et « paysage », que son titre associe. L'élargissement des échelles spatiales du projet de paysage nécessite une explicitation et une analyse comparative de cette démarche par rapport aux autres modalités de projet vis-à-vis desquelles, aujourd'hui, elle tend à se confondre et/ou s'articuler : projet de territoire, projet urbain, projet agricole, projet de société... La revue Projets de paysage se veut un outil d'explicitation, voire de théorisation, des pratiques professionnelles du paysage (paysagistes ou non) et de leurs évolutions. Plutôt que de promouvoir une pratique professionnelle particulière, cette revue scientifique, au service des chercheurs et des praticiens, a pour objectif de produire des connaissances sur les paysages, leurs processus ainsi que sur les modalités opératoires de leur transformation.

L'ambition de Projets de paysage est bien de contribuer à la construction d'un point de vue critique tant sur les frontières que le paysage interroge, déstabilise ou conforte, que sur les pratiques, qu'elles soient professionnelles, disciplinaires, sociales, ou artistiques. Aujourd'hui les artistes sont couramment invités dans le jeu de l'aménagement, quelles collaborations se mettent en place et quels en sont les effets ? Quelles méthodes se dégagent ? Si la valeur instituante des arts est avérée à l'endroit du jardin, qu'en est-il pour le paysage dans l'histoire comme dans la contemporanéité ? Les représentations matérielles - graphiques, photographiques ou vidéographiques -, la créativité dont elles font l'objet actuellement ainsi que les réalisations in situ constituent une problématique forte pour l'action sur et avec le paysage. Elles engagent aussi à interroger théoriquement la culture visuelle et polysensorielle dont elles participent. L'exercice critique touche tant à la réflexion qu'à l'action, c'est par conséquent une recherche impliquée que la revue se propose d'accueillir.

Ainsi se dessine un horizon pour la revue Projets de paysage, organe commun aux écoles supérieures françaises formant à la profession de paysagiste. Celle-ci vise à apporter sa contribution à la construction et au renouvellement d'une culture paysagère aussi bien qu'à la reconnaissance du paysage comme champ de questionnements originaux qui méritent des méthodes adaptées et souvent innovantes.

Fonctionnement de la revue

Les rédacteurs en chef veillent à conserver la ligne éditoriale. Ils lisent l'ensemble des articles et opèrent un premier tri (argumenté) parmi les propositions. Après avoir rendu ces textes anonymes, ils les confient à un membre du comité de rédaction et à un expert extérieur à la revue pour relecture et avis.
Une fois les notes de lecture remises, les responsables éditoriaux de chaque rubrique décident, en relation avec les membres du comité de rédaction, de la suite à donner à chaque article. Les éventuelles demandes de corrections adressées aux auteurs et le suivi des articles sont assurés par la coordinatrice éditoriale.