Étudier les représentations des paysages sur les réseaux sociaux

Proposition d'une méthodologie et d'une application à la diffusion des paysages camarguais sur le réseau Flickr

Studying Representations of Landscapes in Social Media

Proposal for a Methodology and an Application for the Dissemination of Camargue Landscapes on Flickr
12/07/2017

Résumé

Cet article étudie les représentations des paysages véhiculées par les sites de partage en ligne. Il propose une méthodologie originale reposant sur l'analyse de similitude issue de la psychologie sociale. En appliquant cette méthodologie au cas de la Camargue, l'auteur montre que les représentations numériques des paysages retrouvent les ancrages culturels locaux, en dépit du caractère territorialement désenchassé de la pratique numérique. Il montre également le rôle joué par certains milieux naturels dans l'articulation de représentations sociales hétérogènes.
This article examines representations of landscapes disseminated by online image sharing sites. It proposes an original methodology based on the analysis of similarities used in social psychology. By applying this methodology in the case of Camargue, the author demonstrates that the digital representations of landscapes can reconnect with local cultural roots, in spite of the fact that by nature they are disconnected from the territory. He also describes the role played by certain natural environments in associations of heterogeneous social representations.

Texte

Les sites Internet de partage de photographies sont l'objet, depuis peu, d'études de grande ampleur destinées à éclairer les pratiques de consommation du territoire et des espaces naturels (Donaire et al., 2014 ; Van Canneyt et al., 2016; Yuan et Medel, 2016). Ils apparaissent ainsi à la recherche comme une source privilégiée de données de taille importante pour l'étude des perceptions de l'environnement et des paysages (Cord et al., 2015 ; Dunkel, 2015 ; Knochel, 2013). S'ouvre alors un nouveau challenge consistant à se doter de méthodologies raisonnées permettant de se saisir d'un flux d'informations aussi original que continu et massif (Spyrou et Mylonas, 2016).
Les sites de partage en ligne font également l'objet d'un intérêt scientifique croissant en ce qu'ils constituent de nouveaux modes de relation aux paysages. La recherche porte ainsi une attention particulière à cet usage numérique dont la spécificité consiste à partager avec une masse d'anonymes des photographies personnelles d'espaces fréquentés le plus souvent dans un cadre familier sinon intime. Le changement du mode de sociabilité attaché au partage de photographies amène à l'évolution des propriétés formelles de celles-ci. Alors que les clichés « traditionnels » ne prennent sens que dans un cadre narratif familier à ceux qui accèdent à cette photographie, laquelle a précisément pour fonction de conserver et de conforter le partage de ce cadre (fête d'anniversaire, etc.), la photographie massivement diffusée sur Internet à un public anonyme doit elle-même « faire » narration et transporter un cadre de références permettant d'alimenter l'échange sociable (Beuscart et al., 2009). La mise en ligne peut également être un acte de participation publique et citoyenne (Proulx et al., 2014)
Ce double intérêt de la recherche pour le partage de photographies en ligne gagne à être étendu à l'étude des représentations sociales des paysages et de l'effet de ces pratiques sur la consommation et la production de paysages naturels.
Dans ce cadre, une problématique nous apparaît majeure : la virtualité du partage de photographies en ligne réorganise-t-elle les liens entre les représentations sociales des paysages et les dimensions matérielles et sociales du territoire ? D'une part, les internautes sont dans une interaction plus distante que ne le sont les usagers d'un même territoire1. La mise en représentation du paysage est comme « désenchassée2 » du tissu de relations sociales locales. À cela s'ajoute le fait que les internautes recourent fréquemment à des toponymes et qualificatifs vernaculaires dont les acceptions spatiales ou écologiques sont hétérogènes et vagues (Jones et al., 2008), ce point pouvant s'élargir à la question plus profonde des différences de capital spatial et de capital social entre internautes, comme Matthieu Noucher (2014) le met en avant dans le cas de la cartographie participative.
Dès lors, cette spécificité du support numérique conduit-elle à une représentation syncrétique, c'est-à-dire faiblement structurée et dont aucun ensemble symbolique et culturel ne pourrait être dégagé ? Ou, au contraire, le relâchement de l'interaction directe entre les individus conserve-t-il une représentation structurée, c'est-à-dire dégageant des ensembles symboliques fortement cohérents et reliés entre eux ?
D'autre part, si dématérialisé que soit le partage numérique de photographies, la mise en représentation des paysages s'appuie néanmoins sur les structures matérielles et naturelles des milieux. Comment ces structures physiques peuvent-elles être investies par des représentations différentes ? Les propriétés mêmes des milieux peuvent-elles favoriser l'articulation de représentations culturelles et symboliques ? Inversement, y a-t-il des milieux ou des structures paysagères qui seraient « appropriés » par des univers symboliques et sociaux ?
Cette question de recherche se confronte principalement à un verrou méthodologique. C'est pourquoi le présent article a pour objectif de contribuer à une méthodologie permettant de dégager une structure signifiante de la mise en représentation que les internautes font d'un ensemble paysager. À cette fin, il est nécessaire d'intégrer à la fois ce que les internautes communiquent de leurs photographies et les structures matérielles et paysagères réellement présentes sur les photographies mises en ligne. La représentation d'un paysage se comprend, en effet, à la fois comme représentation sociale, c'est-à-dire comme la représentation mentale et socialisée que les acteurs sociaux ont de ce paysage, et comme mise en représentation, c'est-à-dire comme l'agencement de traits matériels, culturels et physiques récurrents et immédiatement signifiants pour des acteurs partageant une même matrice socioculturelle (selon l'expression du sémiologue-logicien Jean-Blaise Grize, 1996). Pour saisir ces deux dimensions de la représentation paysagère à partir d'une même méthode, nous proposons d'adapter une méthodologie largement utilisée dans l'analyse des représentations sociales, l'analyse de similitude (Vergès, 2001). Nous procéderons pour cela à partir d'un cas d'étude en l'espèce de l'analyse des photographies de paysages camarguais mises en ligne sur le site Flickr. Dans ce qui suit, nous commencerons par présenter la méthodologie employée et le contexte de l'étude menée. Nous aborderons dans un second temps l'étude de cas consacrés aux paysages camarguais et à leur mise en ligne.

Le recours à l'analyse de similitude pour étudier les représentations du paysage

Le site Flickr est une plateforme numérique de partage de photographies en ligne, dont la spécificité est que les photographies mises en ligne par un internaute sont publiques3. Le choix de cette plateforme se justifie en ce qu'elle est considérée comme la mieux adaptée à l'analyse de comportement des internautes par de nombreuses recherches partageant des interrogations proches de la nôtre, en particulier Antoniou et al. (2010) et Nov et al. (2010). De surcroît, la recension de Cox et al. (2008) faisait apparaître au moment du démarrage de notre étude que Flickr présentait un éventail relativement large et fourni de contributeurs.
Un utilisateur de cette plateforme a la possibilité de déposer sur le site des photographies en les assortissant d'un commentaire ou d'une série de mots clefs, qualifiés de « tags » (ou étiquettes). Nous avons donc construit une base de données4 à partir de l'ensemble des photographies présentes sur le site Flickr à la date du 1er janvier 2013 et étiquetées « Camargue » et « Paysage ». Quelque 1 837 photographies ont ainsi été recueillies par exportation manuelle, dont 1 240 seulement ont été conservées après vérification de leur géolocalisation et de leur contenu5. La population d'internautes mettant en ligne ces photographies est de 377 individus. Cette base de données associe à chaque photographie les tags que l'internaute lui a attribués dans le même ordre que celui utilisé sur le site. Le contenu de chaque photographie a été recodé à partir de descripteurs, c'est-à-dire de mots clefs désignant les types de milieux naturels présents à l'image (par ordre de succession de plans), ainsi que les animaux et objets. Pour chaque photographie, la base de données associe donc la description que l'utilisateur donne du paysage (au moyen des tags qu'il utilise) et la composition physique et matérielle du paysage photographié (au moyen des descripteurs).
Les tags sont librement produits par les internautes, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas choisis dans une liste préexistante. Le nombre de tags associés à une photographie est également libre. On peut de ce fait rapprocher les tags des évocations libres étudiées par la psychologie des représentations sociales lorsqu'elle demande à des enquêtés d'associer des mots à un stimulant, par exemple un paysage, un concept ou un objet. On peut dès lors mobiliser certains principes méthodologiques de l'étude structuraliste des représentations sociales pour analyser les représentations des paysages véhiculées sur Flickr.
À côté de l'identification des éléments centraux et périphériques des représentations sociales (Abric, 1994), l'analyse structuraliste des représentations sociales étudie également les relations entretenues par les composantes des représentations, et non plus seulement leur centralité. Nous nous concentrerons ici exclusivement sur ce dernier aspect, en renvoyant à Aigline de Causans (2010) pour un exemple de structuration des représentations paysagères en noyau central et éléments périphériques et à Laurence Nicolas et al. (2014) pour une approche de ce type appliquée au cas de la Camargue. L'étude des interrelations entre composantes d'une représentation sociale s'est développée en grande partie grâce à la méthodologie de l'analyse de similitude (Vergès, 2001). L'analyse de similitude adopte pour principe de schématiser les relations entre les items d'une représentation par la théorie des graphes. Ces items forment alors les sommets d'un graphe et les relations entre items sont représentées par les arêtes du graphe et évaluées par un indice de similitude.
Dans le cas présent, les tags attribués par un internaute à une photographie fournissent les sommets des graphes. Suivant les principes de l'analyse de similitude, nous avons toutefois procédé à un recodage de ces tags dans des catégories en plus faible nombre, cette agrégation étant nécessaire pour l'analyse statistique. Un indice de similitude peut être par exemple le nombre de cooccurrences6 entre deux items. Dans ce cas, si deux tags apparaissent ensemble sur n photographies, le graphe de similitude présentera une arrête, valuée à n, reliant ces deux tags. La cooccurrence de deux tags donne une information très sensible à l'importance de l'effectif de chaque tag, moins au caractère systématique de leur association. Pour mieux saisir ce dernier aspect, nous avons choisi un indice de corrélation rendant compte de la systématicité de l'association de deux tags, indépendamment du fait que ces tags s'expriment en faible nombre.
Ce choix se justifie par un des principes posés par l'analyse de similitude. Celle-ci se donne pour objet de dégager des ensembles fortement cohérents au sein d'une représentation, c'est-à-dire des ensembles dont les éléments sont fréquemment associés deux par deux. Ces ensembles correspondent sur les graphes de similitude aux sous-graphes fortement connexes. Ce faisant, l'analyse de similitude peut dégager des pôles constitutifs de la représentation, pôles qui s'interprètent le plus souvent comme des sous-ensembles culturels et symboliques spécifiques et qui prennent sens au regard de l'histoire et des pratiques sociales du territoire étudié. Ce principe méthodologique permet de déceler dans les représentations d'un paysage l'existence de lignes d'organisation fortes, correspondant à des références culturelles partagées. Inversement, l'absence de structures suffisamment connexes suggère que la représentation ne présente pas d'organisation symbolique spécifique, ce qui peut venir du fait que le paysage étudié n'a pas fait l'objet d'ancrages culturels partagés ou d'une histoire commune.
Compte tenu de la spécificité de notre objet d'étude, nous avons dû apporter une innovation à cette méthodologie. Dans le but d'identifier à quelle structure physique paysagère les tags sont associés, nous introduisons, dans la matrice des tags, les descripteurs des milieux photographiés. Nous pouvons ainsi étudier comment les composantes matérielles suscitent certaines représentations et sont investies par différents univers symboliques et culturels. Il ne s'agit plus dès lors d'aborder les représentations sociales des paysages uniquement, mais de croiser celles-ci avec l'agencement d'éléments matériels utilisés dans la mise en représentation photographique de ces paysages. Nous présentons ci-dessous les résultats de cette étude de cas, avant de discuter les apports de cette méthodologie.

L'étude des représentations des paysages camarguais partagés sur Flickr

Brève présentation de la Camargue

Nous nous intéresserons ici uniquement à l'île de Camargue, c'est-à-dire au territoire inscrit entre les deux bras du Rhône et de la Méditerranée. L'île de Camargue offre des paysages caractéristiques d'un espace lagunaire avec l'étang du Vaccarès (6 500 ha) et les étangs inférieurs ouverts sur la mer.

Figure 1. Carte de l'île de Camargue.

Le delta de la Camargue présente ainsi de grands paysages de marais et d'étangs qui accueillent une faune abondante, en particulier une avifaune d'une grande diversité. Associées à ces espaces se trouvent les grandes plaines de « sansouire », c'est-à-dire des steppes de végétation halophile, telle que la salicorne, qui laisse par endroits apparaître un sol nu aux efflorescences salines. Ces terres, difficilement exploitables car fortement salées et balayées par des vents violents, ont principalement été valorisées par la récolte du roseau et l'élevage de taureaux de combat et de chevaux camarguais. Ces activités ont participé au maintien de grands paysages ouverts et désolés qui fournissent pour partie l'identité visuelle de la Camargue et sa réputation de territoire « sauvage » et « naturel » (Picon, 1988).
Sur ce substrat physique se sont développés les principaux ancrages culturels et sociaux des représentations des paysages camarguais. Le plus répandu d'entre eux est, sans conteste, la constitution par le félibrige de la Camargue en une terre sauvage d'exception (Picon 1988 ; Zaretsky, 2008). Le félibrige est un mouvement littéraire fondé en 1854 par un groupe de poètes de la région avignonnaise, sous la houlette de Frédéric Mistral, pour la défense de la L
langue d'oc. Porté par une idéologie tantôt nationaliste (Martel, 2004) tantôt régionaliste-séparatiste, ce mouvement s'est progressivement étendu à la codification et à la folklorisation d'un ensemble d'us et coutumes bien plus anciens et diversifiés.
Sous l'impulsion du marquis Folco de Baroncelli, le félibrige s'étend en Camargue, revendiquant de préserver ses particularités régionales, formalisées en même temps qu'exaltées, de la volonté unificatrice de l'État. Les paysages camarguais sont alors investis comme supports symboliques de cette idéologie. Le caractère sauvage, atypique et inhospitalier de ces paysages, c'est-à-dire résistant à l'uniformisation et à la modernité, est mis en avant. Cela s'accompagne d'une folklorisation, sinon une mythification, du monde de l'élevage taurin (Belmon, 1990) en se reposant sur une tradition bovine déjà présente.
Au côté de ce profond ancrage culturel des représentations paysagères camarguaises, la représentation naturaliste de la Camargue prend en bonne part (Picon, 1988 ; Mathevet, 2004). Ces deux ancrages ne sont d'ailleurs pas étrangers l'un à l'autre dans la mesure où Baroncelli a encouragé la création de la réserve naturelle en 1927 (Zaretsky, 2008). L'installation en 1954 de la station biologique de la Tour du Valat qui entreprend dès 1970 la reconstitution d'une des principales colonies de flamants roses d'Europe, puis la création en 1974 d'un Parc naturel régional ont instauré l'image d'une Camargue « naturelle » et protégée, à laquelle concourt le Conservatoire du littoral avec une politique d'acquisition de grande ampleur.
À mesure que l'on remonte vers le nord de la Camargue, la salinité des terres diminue et offre des conditions plus favorables à l'agriculture et à des paysages plus « verts ». Les bourrelets alluviaux laissés par le Rhône avant son complet endiguement (au XIXe siècle) ont été investis prioritairement par l'agriculture. La riziculture est la principale production agricole, avec 12 000 ha en 2014 après une longue période durant laquelle ce chiffre était porté aux alentours de 20 000 ha. Cette culture produit des paysages marqués par de grandes unités spatiales connaissant des périodes de submersion des terres durant lesquelles l'effet miroir de l'eau est un élément paysager notable. La viticulture connaît également une implantation notable sur le territoire camarguais.
Enfin, à partir du XIXe siècle, l'exploitation industrielle de la façade maritime se développe fortement avec l'industrie chimique Solvay et l'exploitation du sel pour l'industrie à Salin-de-Giraud. Un dernier grand ancrage culturel apparaît en lien avec l'occupation du littoral et sa fréquentation, notamment par la main-d'œuvre (principalement ouvrière) des usines de Pechiney et de Solvay (nous renvoyons à Nicolas, 2008). Les paysages prisés par cet investissement social du littoral sont alors les grandes formations dunaires du littoral camarguais et les étendues de sansouire liées aux tables salantes qui fournissent des espaces de chasse et de cueillette aux ouvriers de Salin-de-Giraud. Ces pratiques locales du littoral se sont vues complétées par un tourisme balnéaire des plages des Saintes-Maries-de-la-Mer, davantage dotées en structures d'accueil.

L'organisation signifiante et culturelle des représentations paysagères camarguaises : étiquetage des photos et la structure de la représentation

Les représentations sociales et culturelles des paysages camarguais sont ainsi lourdes du sens des différents modes sociaux d'investissement du territoire. Une même structure paysagère, par exemple les grandes prairies de sansouire, peut être valorisée par des espaces sociaux et culturels différents. Ce n'est a priori qu'à travers le temps long d'une socialisation locale que se sont articulées ces différentes représentations sur la base d'un substrat naturel commun. Retrouve-t-on tout ou partie de cette structuration socioculturelle des représentations dans le partage en ligne des photographies de paysages camarguais, alors même que cette pratique numérique est le plus souvent consécutive d'un parcours rapide et distancié du territoire et de sa culture ? Pour répondre à cette question, procédons à une analyse de similitude sur les tags des photographies7.

Figure 2. Analyse de similitude sur les catégories de tags attribués aux photographies de Flickr mentionnant explicitement un paysage camarguais. Graphe au seuil de corrélation 0.35.

La figure 2 montre que la mise en représentation des paysages camarguais n'est pas syncrétique. En effet, sa structure globale s'organise en plusieurs univers de sens cohérents. La mise en représentation de la Camargue se structure autour de plusieurs pôles importants qui s'isolent clairement, nous les repérons sur le graphique par un encadré rouge.
On retrouve en premier lieu le pôle d'une tradition félibréenne et d'un folklore en partie cultivé par les structures touristiques. Cet ensemble symbolique inclut la tradition bovine (taureaux, chevaux, gardians8), le patrimoine culturel et le folklore lié au pèlerinage gitan annuel aux Saintes-Maries-de-la-Mer et, plus largement, une valorisation de ce qui apparaît ancien. Notons toutefois que cette dimension touristique n'est pas corrélée par les internautes à ces tags (le tag touristique n'étant que très peu utilisé et avec une corrélation faible).
Un second pôle, que nous qualifions d'environnementaliste, est constitué par l'ensemble des tags relatifs à la nature, à sa protection et aux pratiques de nature (observation ornithologique, notamment). Il s'agit à nouveau d'un pôle culturellement et historiquement essentiel dans la formation des représentations des paysages camarguais, ainsi que nous l'avons vu précédemment. Le graphe est interrompu entre la réserve naturelle (« T_ReserveNat ») et ce second pôle. Nous verrons plus bas qu'en introduisant les descripteurs matériels une continuité apparaît qui nous pousse à délimiter le pôle ainsi que cela est opéré par le rectangle rouge. Ce pôle environnementaliste est connecté au reste par le tag « liberté », ce qui doit attirer notre attention et offre différentes interprétations possibles. D'une certaine façon, la valorisation de la « liberté » portée par le félibrige s'étend aussi bien au pôle culture/folklore de la représentation qu'à son pôle environnementaliste. Ou encore, la thématique de la liberté peut ouvrir sur chacun de ces pôles. Il est notable que l'étang du Vaccarès soit corrélé à ce pôle félibre et aucunement au pôle environnementaliste. Le Vaccarès a grandement été valorisé par le félibre qui l'a érigé en symbole d'une Camargue sauvage, et la valorisation touristique du delta du Rhône reprend à son compte cette imagerie.
Un troisième pôle correspond à un intérêt esthétique pour la mise en représentation de la Camargue avec des tags marquant une esthétisation des photos (coucher de soleil, qualité de la lumière, jeux de reflets, etc.). Ce pôle communique avec le pôle environnementaliste à partir du tag « nature », mais il n'est pas rattaché au pôle traditionnel félibréen. On peut se demander si, pour ces internautes, la dimension environnementaliste de la protection de la nature n'exerce pas un attrait sur leur pratique de l'espace, ou encore si les dimensions esthétisante et environnementaliste ne relèvent pas d'une même attitude contemplative que ne revendiquerait pas une fréquentation plus orientée vers la culture folklorisante de la bovine et des félibres. Dans la mise en représentation (et en ligne) de la Camargue, la protection de la nature peut rencontrer le souci d'une pratique d'esthétisation des éléments naturels, indiquant par là une possible proximité de sensibilités, alors que la consommation esthétisante de l'espace ne se démarque pas dans le champ félibre.
Un autre pôle s'approche du pôle esthétique, mais comporte moins d'éléments renvoyant à proprement parler à la pratique photographique. Il s'agit d'un pôle « sensible », assez isolé, qui semble davantage correspondre à l'expression d'un état d'esprit s'exprimant au contact de certains éléments physiques et matériels (brouillard, vent, etc.).
Enfin, un dernier ensemble se dégage qui est centré sur les salins et les grands espaces. L'immensité et la solitude des paysages camarguais renvoient par ailleurs à l'une des caractérisations culturellement valorisées par la littérature félibréenne, mais ne sont pas au nombre des traits que la valorisation touristique du lieu retient le plus fréquemment de cette littérature.
Le tag « T_sec », qui désigne ce qui est désertique et sec, permet de connecter le pôle des paysages vastes et solitaires au pôle de l'esthétisation des paysages. Les milieux secs ou asséchés prendraient-ils cet intérêt particulier dans l'appréhension des paysages camarguais ? En tout état de cause, les milieux secs (plus exactement l'impression de sécheresse) sont ici associés à une appréhension positive des paysages et ne sont pas affichés comme répulsifs. Les craquelures apparaissant sur les terres sableuses, lorsque l'eau s'en évapore, jouent beaucoup dans l'articulation de ces deux pôles à travers les tags relatifs au sec. Les photographies représentant des terres craquelées sont prisées sur Flickr rappelant, et peut-être imitant, les grands noms de la photographie, tels que Brassaï et Lucien Clergue, qui ont trouvé le même intérêt à ces terres camarguaises asséchées.

Des représentations aux structures matérielles du paysage : analyse de similitude croisant les tags et les descripteurs

L'ancrage matériel d'un pluralisme de significations sociales véhiculées par l'expérience paysagère, ainsi que le révèle cette première analyse, soulève un ensemble de problématiques relevant de l'appropriation de certains milieux par des univers de valeurs particuliers et de la capacité des paysages camarguais à fournir un vecteur de partage culturel et d'intersubjectivité. Existe-t-il des éléments paysagers permettant de faire communiquer les différents univers de valeurs entre eux, ainsi que les différents modes d'investissement du territoire ? Certains milieux ne sont-ils investis que par des champs axiologiques spécifiques ou au contraire l'ensemble des milieux camarguais se prête-t-il à l'évocation d'une grande diversité de sens sociaux et de valeurs ?
Pour aborder ces questions, il est nécessaire de procéder à une analyse de similitude croisant les tags et les descripteurs matériels des paysages (figure 3).

Figure 3. Graphe des associations entre tags et entre descripteurs matériels au seuil de corrélation 0,35.

L'addition des descripteurs matériels maintient l'identification des pôles que nous avions dégagés. Plus encore, le graphe gagne en connexité, c'est-à-dire en cohérence.
En effet, le pôle environnementaliste se densifie essentiellement par la présence d'oiseaux photographiés. On retrouve en cela le fait que la Camargue est, depuis le XIXe siècle, un lieu central de l'ornithologie amatrice et reste un hotspot de cette pratique naturaliste.
On peut en revanche s'étonner de l'absence du pôle environnementaliste des descripteurs des grands milieux (roselière, sansouire, etc.), parfaitement isolés sur la gauche du graphe. Cela signifie qu'aucun de ces milieux n'est privilégié pour spécifiquement qualifier les photos en termes environnementalistes. Aucun de ces grands milieux naturels n'incite les photographes à inscrire les paysages dans un domaine de sens plutôt que dans un autre. Cela ne veut pas dire que les internautes ne photographient pas ces milieux, mais que ces milieux n'orientent pas vers un domaine de signification particulier. Il est possible de dire que ces milieux et ces objets naturels ne sont pas patrimonialisés ni appropriés par une conception particulière des paysages camarguais.
Deux hypothèses pourraient expliquer cette observation. Soit ces milieux sont devenus banals au point de n'évoquer aucun domaine sémantique, soit ils sont devenus des lieux communs de la Camargue de sorte à pouvoir appeler différents domaines de signification, sans en évoquer préférentiellement un. Cette dernière hypothèse paraît confirmée par l'analyse des cooccurrences qui privilégie la description du caractère massif des associations entre les éléments paysagers et les tags. Prenons comme exemple le cas des marais photographiés et considérons les tags associés et les relations que ceux-ci entretiennent à partir du graphe (partiel) des cooccurrences du milieu « marais » et des tags (non catégorisés).

Figure 4. Graphe partiel des associations de tags pour le milieu « marais » (au centre et cerclé).

Plusieurs univers de sens se dessinent comme pouvant être associés aux marais lors de la mise en public de représentations paysagères. On distingue une dimension clairement esthétisante avec des références aux jeux de couleurs et à la lumière, et une autre dimension liée à la nature. Celle-ci comprend des tags neutres par la mention d'objets naturels (animaux compris) et des tags porteurs de connotation (ou de marques illocutoires), voire de jugements de valeur avec des tags tels que « sauvage », « abandon » ou « environnement » qui inscrivent déjà la catégorie de nature dans un espace sémantique socialisé. Le terme de « sauvage » est lui-même fortement associé à celui de « taureau » et de « cheval ». Ces deux derniers termes permettent un lien vers un troisième univers de sens lié à la pratique du lieu et à sa consommation touristique ou ludique (calme, voyage, vacances). Cette analyse, somme toute rudimentaire, suggère néanmoins que les milieux et les objets paysagers peuvent, en se chargeant de significations sociales plurielles, mettre en relation différents champs culturels, différents modes de valorisation (culturelle, mais aussi économique) de la Camargue et de son patrimoine culturel. L'hypothèse d'une non-patrimonialisation exclusive de ces milieux paraît s'imposer sur celle de l'incapacité à évoquer des univers culturels et symboliques auprès des internautes. D'autres milieux naturels sont en revanche préférentiellement associés à des pôles de significations, ainsi le milieu de « prairie » (prairies sèches) fortement associé au pôle « félibre » de la mise en représentation (figure 3).
Si les milieux naturels peuvent être diversement partagés par les univers culturels et symboliques des représentations paysagères de la Camargue, qu'en est-il des éléments paysagers matériels (infrastructures, édifices, espèces animales, etc.) ? Si nous regardons l'ensemble des descripteurs matériels, et plus seulement les milieux naturels, il apparaît qu'ils sont en assez faible nombre au sein de la mise en représentation. L'association de contenus symboliques aux photographies ne mobilise pas une grande diversité d'objets paysagers (en d'autres termes, les représentations paysagères camarguaises s'« aspectualisent » faiblement). Nous retrouvons en cela la caractéristique des paysages camarguais consistant en des paysages décrits comme « vides » et pourtant fortement évocateurs. Le pôle de la culture félibréenne marque toutefois une différence sur ce point, en mobilisant une diversité de descripteurs matériels, tels que la présence de gardians sur les photos, de chevaux et de taureaux ou encore d'effigies du félibrige (statues, etc.). Cela indique un pôle construit sur des éléments démonstratifs, spécifiques et récurrents, voire stéréotypiques.
Devrait-on conclure de ces remarques que les objets paysagers joueraient essentiellement le rôle de « meubler » les différentes représentations paysagères qui ne communiqueraient entre elles qu'à travers les grands milieux naturels ? Un descripteur matériel invite au doute, il s'agit de « troupeau » (cerclé en vert sur la figure 3). Ce descripteur agit comme un point de connexion ouvrant soit sur les vastes paysages de solitude, soit sur les paysages de culture félibréenne, soit les paysages esthétisés, soit encore sur les paysages environnementalistes. La présence effective de troupeaux apparaît comme un point de rencontre entre différentes perceptions et mises en représentation paysagères, en l'occurrence les quatre sous-ensembles : « paysage solitaire », « esthétisation », « culture félibre » et « environnementalisme ». Les élevages bovin et équin peuvent jouer ce point de jonction en étant aussi bien une activité économique inscrite dans une exploitation multi-usage des terres agricoles, une activité productrice de services écosystémiques et de biodiversité (Mathevet, 2004) et un vecteur de pratiques culturelles locales continuellement élaborées depuis plusieurs siècles et aisément valorisables depuis l'avènement de la société de loisirs et du tourisme de masse (Picon, 1988 ; Zaretsky, 2008).

Conclusion

Notre questionnement a porté sur les univers de sens qui sont préférentiellement associés aux différents milieux naturels camarguais. De ce point de vue, nous avons mis en évidence deux éléments. D'une part, les représentations sociales des paysages camarguais véhiculées par les sites de partage ne sont pas syncrétiques. Elles retrouvent les principaux ancrages culturels auxquels les pratiques sociales et l'offre territoriale permettent l'accès. D'autre part, nous avons montré qu'au sein de ces représentations, un nombre réduit de milieux naturels et de structures paysagères était approprié par certains cadres culturels et sociaux. À l'inverse, d'autres référents paysagers permettent la communication entre des représentations issues de pratiques du territoire très différentes. Ces deux observations contredisent l'idée selon laquelle l'accès numérique aux paysages et leur partage seraient synonymes d'un désenchassement du territoire concret et vécu.
Il faut néanmoins garder à l'esprit les limites propres à la démarche ici employée. En nous intéressant aux structures paysagères les plus communément partagées par les internautes, nous avons dû employer un « tamis » méthodologique dont la largeur des mailles ne pouvait pas retenir les représentations les plus atypiques, originales et probablement novatrices (notamment les représentations qualifiées de périphériques par la théorie structurale). Or, cette dimension est importante dans la mesure où la pratique de la photographie, comme beaucoup d'autres pratiques culturelles, est sociologiquement traversée par des logiques de distinction sociale qui échappent à la méthodologie que nous avons présentée. Cela soulève l'enjeu de décrire le rapport de différenciation et de reproduction qu'un internaute établit entre les photographies qu'il prend et les clichés déjà existants. À cela s'ajoute un effet de bulle cognitive rencontré dans les réseaux sociaux qui amène les internautes à valoriser leurs photographies lorsqu'elles reprennent les caractéristiques des clichés habituellement rencontrés sur ces mêmes réseaux.
Autre limite qu'il convient de signaler, l'inspiration que nous trouvons dans la psychologie sociale ne doit pas se comprendre comme une transposition directe des théories des représentations sociales au domaine de la mise en représentation sur Internet des paysages. En particulier, la théorie structurale des représentations repose sur les évocations libres. Cette approche récolte des signifiants qui viennent spontanément à l'esprit des sujets lorsqu'ils se représentent mentalement l'objet d'étude (par exemple, tel paysage). Le fait d'étiqueter par des tags des photographies, plus ou moins longuement sélectionnées pour être mises en ligne, ne nous semble pas identique à l'acte d'évocation libre. La spontanéité de l'internaute est bien moins importante que celle de l'interviewé qui se voit pressé par l'enquêteur de donner n qualificatifs lui évoquant tel paysage.
Plus encore, l'acte même de mise en ligne, s'il comporte un processus d'évocation mentale évident, présente toutefois une dimension communicationnelle supplémentaire, laquelle ajoute une volonté signifiante évidente. Jean-Samuel Beuscart et al. (2009) montrent clairement que le passage de la « Kodak culture » aux pratiques actuelles de partage en ligne change profondément le statut de la photographie personnelle, la faisant passer du statut d'objet de la conversation à celui d'un matériau alimentant la conversation. Celle-ci devient une conversation à partir de photographies avec des inconnus qui n'ont pas participé à l'événement photographié. Les internautes n'étiquettent pas les photographies uniquement en fonction de ce qu'elles leur évoquent, mais aussi en fonction de ce qu'ils veulent communiquer à ceux qui les consulteront, voire en fonction de l'effet qu'ils veulent produire sur ces derniers (de l'envie, de l'adhésion, etc.). Il serait intéressant de conduire une enquête permettant précisément de comparer l'écart entre ces deux niveaux d'analyse, à savoir les représentations mentales des internautes et la mise en représentation qu'ils opèrent par leur partage en ligne.
Un questionnement symétrique devrait être suivi, non plus au niveau de la production de mises en représentation, mais au niveau de leur réception, c'est-à-dire auprès des internautes susceptibles de consulter ces images.

Remerciements : Le projet de recherche dont ces résultats sont issus, DEEP CAM (sous la direction scientifique de Laurence Nicolas), a été financé par le programme Paysage et Développement durable (PDD2) du ministère de l'Écologie du développement durable et de l'Énergie.

Mots-clés

Représentations sociales, analyse de similitude, réseaux sociaux, Flickr Camargue
Social representations, similarity analysis, social media, Flickr, Camargue

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Auteur

Aurélien Allouche

Sociologue, il est chercheur associé au Laboratoire méditerranéen de sociologie (LAMES) Aix-Marseille université, et chargé de recherche à Ressource.
Courriel : aurelien.allouche@orange.fr

Pour référencer cet article

Aurélien Allouche
Étudier les représentations des paysages sur les réseaux sociaux
publié dans Projets de paysage le 12/07/2017

URL : http://www.projetsdepaysage.fr/fr/_tudier_les_repr_sentations_des_paysages_sur_les_r_seaux_sociaux

  1. On gagnera à se rapporter au travail d'Éric Fischer qui a cartographié sur Flickr les géolocalisations des photos prises par les habitants et de celles prises par les touristes de nombreuses grandes villes à travers le monde : https://flic.kr/s/aHsjqXbTjG. L'auteur remercie les évaluateurs pour leurs conseils précieux parmi lesquels figurait ce travail d'Éric Fischer.
  2. Nous reprenons le terme d'Anthony Giddens (1994.
  3. Pour un historique de la formation de Flickr et ses spécificités, nous renvoyons à Beuscart et al. (2009)
  4. Cette base de données a été constituée, à l'initiative de l'auteur, pour le projet de recherche de Laurence Nicolas et al. (2014), s'inscrivant dans le programme du ministère de l'Environnement « Paysage et développement durable ». Elle a été produite avec la collaboration technique de Patricia Cicille, en particulier, ainsi que celle de Alain Dervieux, de Laurence Nicolas et de l'auteur.
  5. Un certain nombre d'artefacts existent, par exemple la Camargue alsacienne ou encore de simples photographies d'intérieurs de domiciles.
  6. Pour une présentation détaillée des différents indices de similitude, nous renvoyons à Pierre Vergès et Boumedienne Bouriche (2003).
  7. Dans la mesure où nous projetterons par la suite les descripteurs matériels des paysages sur ce même graphique, nous prenons pour convention de faire précéder les tags de la lettre « T_ » afin d'éviter toute confusion. Certains tags apparaissent isolément en haut à gauche du graphique : ils ne sont pas corrélés aux autres tags avec un coefficient supérieur ou égal à 0,35.
  8. Rappelons qu'à des fins statistiques nous travaillons sur des catégorisations de tags, les tags « gardians », « taureaux » et d'autres sont inclus dans la catégorie « T_bouvine » mais n'apparaissent pas sur le graphique.